Depuis que tu sais que tu es hypersensible, tu as changé
- Marion Naturo

- 4 févr.
- 3 min de lecture

C’est une phrase que beaucoup de personnes hypersensibles entendent un jour, une fois qu'elles ont posé un mot sur ce qu'elles ressentaient depuis toutes ces années.
Parfois dite avec inquiétude, parfois avec reproche, parfois comme un constat un peu flou, difficile à discuter.
« Avant, tu faisais avec. »
« Avant, ça ne te posait pas autant de problèmes. »
« Avant, tu gérais mieux. »
Et cette phrase peut faire douter.
Elle peut faire culpabiliser.
Elle peut donner l’impression qu’avoir mis un mot sur son fonctionnement serait une régression.
Mais si on prend un peu de recul, une autre lecture apparaît.
Savoir qu'on est hypersensible ne change pas le cerveau
Ça change la lecture de soi.
Découvrir son hypersensibilité ne transforme pas magiquement le système nerveux.
Le cerveau ne devient pas soudainement plus fragile, plus lent ou moins capable.
Ce qui change, c’est la compréhension, la capacité à relier des points qui, jusque-là, restaient isolés.
La fatigue chronique,
Les surcharges émotionnelles,
Les moments de débordement,
Le besoin de récupération plus important,
Les limites atteintes plus vite dans certains contextes.
Parce que tu t'adaptais en permanence, parce que tu pensais que la norme des autres était la tienne.
Savoir permet une autre lecture : ce n’est pas un défaut, c’est un fonctionnement différent.
Avoir “réussi à gérer” avant ne signifie pas que c’était supportable
C’est un point essentiel.
Beaucoup de personnes hypersensibles ont longtemps “bien fonctionné”: études, travail, responsabilités, charge mentale, exigences élevées...
Vu de l’extérieur, tout semblait tenir.
Mais tenir ne veut pas dire que tes limites étaient respectées, où tu étais respectée.
Souvent, ce fonctionnement reposait sur :
une mobilisation constante de l’énergie,
une adaptation permanente à l’environnement,
un dépassement régulier des signaux du corps,
une normalisation de l’épuisement.
Autrement dit :
ça fonctionnait mais au prix de ton bien-être et de ta personne.
Le fait d’avoir tenu avant ne prouve pas que c’était juste pour toi.
Ce n'est pas la capacité qui change
C’est le coût que tu as accepté pour continuer de fonctionner.
Quand une personne hypersensible commence à se connaître, quelque chose se réajuste.
Elle ne “peut” pas moins, elle accepte moins de fonctionner à n’importe quel prix.
Moins de surcharge.
Moins de passages en force.
Moins de déni des signaux corporels.
De l’extérieur, cela peut être perçu comme une régression, mais de l’intérieur, c’est souvent un mouvement de protection et de régulation.
Ce n’est pas une perte de capacité, c’est une réévaluation de ce que tu acceptes de sacrifier, et ça, c'est plutôt une bonne chose pour toi.
Mettre des mots ne crée pas les difficultés
Un autre malentendu fréquent consiste à penser que “savoir” ajoute des difficultés là où il n'y en avait pas.
En réalité, les difficultés étaient déjà là, simplement, elles n’étaient pas reconnues.
Mettre un mot sur l’hypersensibilité :
rend visibles des mécanismes auparavant invisibles
donne du sens à des ressentis longtemps minimisés,
permet d’arrêter de se battre contre soi.
Ce n’est pas une création de problème, mais plutôt enfin ouvrir les yeux.
Et si ce changement était un ajustement
Oui, quelque chose change quand on découvre son hypersensibilité, mais ce changement n’est pas une fragilisation.
C’est souvent :
une écoute plus fine,
des limites plus claires,
des choix plus alignés,
un rythme plus respectueux du système nerveux.
Ce qui peut déranger, ce n’est pas tant le changement en lui-même, mais le fait qu’il remette en question des attentes, des habitudes, parfois des équilibres relationnels (avant elle disait "oui" et maintenant elle dit "non").
En conclusion
Dire à une personne hypersensible qu’elle a changé depuis qu’elle le sait, c’est souvent observer un ajustement, sans en comprendre le sens.
Savoir qu'on est hypersensible c'est souvent, le début d’un fonctionnement plus juste, moins contraint, et plus aligné.
Prends soin de toi,
Marion



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